Un sacré bout de femme expatrié en Finlande !

Aux détours d’Expat United et de la page facebook, on papote, on papote, et on fait parfois des rencontres surprenantes !… des rencontres que l’on ne garde bien sûr pas pour nous, et que l’on partage donc ici, avec vous !
Levez la main ce qui ont déjà entendus parler de la pratique du « kiteski » ! (ouh ouh, où êtes-vous?) … bon, le kitesurf, ok, on connaissait… mais le kiteski… alors là, on l’avoue, c’est nouveau dans notre dictionnaire !
Christelle, expatriée en Finlande, va justement tout nous expliquer car elle est …. vice championne de kiteski ! (clap clap clap!)
Bon, par contre, nous préférons vous prévenir, et ce pour éviter tout réclamation !… lire son interview peut engendrer différents symptômes …de la culpabilité (du genre « oh mince, j’ai encore oublié de faire mon footing cette semaine! »).. mais aussi une intense fatigue … OUI, car nous, notre quotidien, à côté, c’est de la gnognotte !!! …

Mais il peut aussi, à contrario, vous donner plein d’énergie, vous évader, vous donner envie d’entreprendre, de vous expatrier, de faire du sport… bref, d’être une femme (ou un homme hein) accomplie, comme Christelle !

  • Expat United : Depuis combien de temps es-tu expatriée en Finlande? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

Je viens de Laval, en Mayenne (53) et je vis en Finlande, à Helsinki plus précisément, depuis fin décembre 1995, soit plus de 16 ans déjà !
Après une carrière d’enseignante, je me suis reconvertie et je suis actuellement guide d’activités sportives. J’organise des expéditions sur la banquise (entendez par là la mer Baltique gelée) .

  • EU : Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé?
J’ai découvert la Finlande en 1994, lors d’un échange Erasmus entre l’université catholique d’Angers et Helsinki.

Puis en décembre 1995, à l’aube de mes 23 ans, je suis partie à l’aventure ! Alors que ma licence en science de l’éducation stagnait, j’ai décidé d’aller découvrir le métier et de vivre l’enseignement au lieu de l’étudier sur les bancs de la fac. J’ai donc trouvé un remplacement en Finlande, là où j’avais fait mon stage Erasmus.

  • EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?
Pour survivre financièrement, j’ai du faire 5 jobs différents par jour pendant mes premiers mois.
Au début, je vivais chez une amie étudiante, et je courais partout… du matin au soir!
J’étais instit remplacante… puis assistante dans une autre école… je tenais un club de français dans une 3ème école.. je faisais des cours de discussions pour les étudiants à la fac… je corrigeais des mémoires… je donnais des cours privés pour adultes ou en entreprise… et je terminais ma journée en gardant un petit garçon de diplomate tous les soirs jusqu’à 21h ! (ndlr : rien que ça !)
Je pourrais dire que je me suis intégrée du mieux possible, m’ouvrant les portes les unes après les autres.

J’ai rencontré mon futur mari au bout de 6 mois, alors que mon séjour et mon remplacement touchaient à leurs fins. Je suis revenue en France pour régler ma situation et je suis repartie au bout de 7 semaines pour vivre ma nouvelle vie! 🙂

  • EU : Est-ce ta première expatriation ? Quels autres pays as-tu fait ?
C’était ma première expatriation, même si j’avais déjà voyagé à l’étranger.

Je dois préciser que le goût du voyage traîne dans mes veines…. ma grand-mère a vécu la même chose, a 23 ans également, pour suivre son mari en mission en Afrique du nord. Elle a vécu la guerre expatriée…. elle a vécu 18 ans loin de sa famille. Elle est allée vers le sud et au chaud, moi je suis allée vers le nord de l’europe et au froid ! 🙂

  • EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

La nature si apaisante, le climat si marquant, le fait de se sentir toujours dans un pays exotique avec la mer en été et la neige en hiver… de quoi maintenir l’esprit en vacances l’année entière!

  • EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?
Je n’en trouverais peut-être pas trois…. j’aime mon pays !
Le manque de communication non verbale, les finlandais sont d’aspect froid au premier abord…
Le manque d’impulsivité : les finlandais sont d’une force passive !

Je ne trouve pas de 3ème point ! Il faut dire que les choses que j’ai détesté au début, je les ai analysées et avec le temps, j’ai appris à les comprendre, à les accepter et à vivre avec… c’est plus facile pour mieux s’intégrer.

  •  EU : A quelles difficultés es-tu le plus confronté ?

Je ne me sens confrontée à rien du tout en fait, car j’ai vraiment appris à comprendre mon pays, à accepter la différence, et même à devenir finlandaise dans l’âme…. les liens sociaux et les contacts amicaux sont peut-être les plus durs, c’est peut-être là que j’ai le plus souffert au début : ne trouvant pas ici ce qu’il me manquait, une amitié à toute épreuve sur qui compter. Mais là aussi, avec le temps, je me suis fait une raison sur ce qui me manquait et j’ai comblé avec d’autres choses que je n’avais pas en France, histoire de trouver mon équilibre.

  • EU : Tu pratiques le kiteski, peux-tu nous expliquer en quoi consiste ce sport et d’où t’es venu cette passion ?
J’ai commencé le kiteski en 2005, et depuis j’ai participé 7 fois aux championnats du monde de voile sur glace (sauf en 2008 car j’ai accouché). J’ai commencé grâce a mon mari, il a fait de la voile pendant 30 ans au niveau mondial, donc je ne pouvais espérer meilleur coach! Il m’a beaucoup appris sur les tactiques de voile. Au début, cela fut vraiment un nouveau monde pour moi, car les sorties dehors, dans le froid, le vent, des conditions plus ou moins extrêmes auxquelles il fallait s’habituer étaient nouvelles, cela me demandait beaucoup d’énergie et d’adaptation…. à l’origine, j’ai quand même un épiderme de française, même si j’ai beaucoup changé 😉
Il y a beaucoup de femmes qui font du kitesurf, l’été ou dans les eaux chaudes…. mais par les -20 degrés, vous imaginez que le tri sélectif se  fait vite ! Il n’y a pas beaucoup de femmes dans le monde de la voile sur glace, et encore moins en cerf volant, c’est une catégorie très très physique ! Les russes dominent vraiment et cela fait donc des années que je me bats dans leur monde.
Ndlr : Christelle est vice championne du monde depuis 3 ans, et cumule 6 podiums sur 7 championnats !

  • EU : Businesswoman, championne de kiteski, maman ! Comment arrives-tu à tout gérer, vie de famille et vie professionnelle ?
La carrière sportive requiert beaucoup de temps : 6 mois par an environ de novembre à avril, mais il faut quand même rester en forme l’année entière, donc je m’astreins à des entrainements tous les deux jours dès septembre, puis tous les jours avant la saison hivernale (en novembre), ensuite j’enchaine le ski de fond et les footings dès que la neige arrive. Enfin, lorsque la mer est gelée, là je passe beaucoup de temps dans la journée à faire du cerf volant de traction !
Le côté sportif passe malgré tout après tout le reste…. ce qui signifie que je travaille dans la journée, je m’occupe comme tout le monde de l’organisation familiale (mon mari est entrepreneur) et des activités des enfants (4 et 11 ans). Les entrainements ne viennent que le soir tard, lorsque les enfants dorment…. je me retrouve donc à faire des sorties en ski de fond à 23h du soir… dans le noir et le froid…. je me force vraiment pour ne pas abandonner…. quelque part ça forge le caractère !
Tous les hivers, durant 2-3-4 mois, nous les faisons garder par leur grand-mère durant les entraînements de sortie en kite. Mais lorsque nous nous déplaçons aux championnats du  monde, les enfants viennent toujours avec nous. C’est une grande aventure familiale !! Il nous faut toujours trouver une baby-sitter locale et les adapter au pays…. Cette année ils étaient donc dans une famille américaine, c’est une chance qu’ils parlent anglais! Notre fils Mael avait 3 semaines lors de son premier championnat du monde en 2008 au Canada, je n’ai pas pu y participer pour des raisons explicites. Et l’année d’après, en 2009, je l’allaitais matin et soir durant le championnat du monde à Riga en Lituanie… cela ne m’a pas empêché de faire un podium avec une troisième place féminine 🙂
Et là, depuis peu, j’ai ajouté un autre défi à ma vie, puisque j’ai quitté le monde enseignant pour me mettre à mon compte en créant ma propre entreprise et en devenant guide d’activités d’exterieur. J’organise des expéditions uniques sur la mer glacée, je fais découvrir cette magnifique nature que nous avons aux abords d’Helsinki, je partage ma passion aux touristes de passage….
Tout est une question d’organisation mais plus principalement de passions, et de ne jamais compter son temps, ni l’énergie dépensée dans tel ou tel domaine….
J’avoue que lorsque le printemps arrive, lorsque la mer dégèle, et que les beaux jours pointent leur nez, j’ai un énorme besoin de me ressourcer et de remettre tous les compteurs a zero. En effet, mes activités sportives et professionnelles sont plus concentrées en hiver, là où la luminosité est moindre, là où, normalement, le corps humain comme la nature se repose plus… je demande donc à mon corps le contraire de ce que la nature fait normalement… cela demande donc une gestion physique et psychique très forte, surtout quand on a une famille en plus.

J’aimerais bien augmenter mon niveau sportif et commencer également une carrière estivale, mais cela demanderait une gestion encore plus poussée avec les enfants, et cela deviendrait surhumain…. donc pour le moment on met ça de côté !

  • EU : Un fait marquant à nous raconter ? 
Je n’ai pas de fait marquant, mais je peux par contre vous faire partager l’anecdote du weekend dernier. Nous étions en vacances dans le nord du pays, en camping car avec nos enfants (par -12°), nous avions trouvé un bord de lac sympa que nous connaissions pour avoir participé à une competition là-bas. Nous avancons donc le camping car au bord du lac, puis sur la glace (les véhicules roulent sur les lacs l’hiver), un grand bûcher se dressait la… Le soir nous avons participé à une fête où le bûcher brulait de milles parts pour faire peur aux sorcières ! Cela fait 16 ans que je fête Pâques ici, mais c’était la première fois que je participais à une telle fête, en plein milieu d’un lac glacé ! Nous avons donc dormi en camion sur le lac, tout en regardant le bûcher toute la nuit se consumer… avec un ciel étoilé, une entendue glacée a l’infini, et un lac si calme… un moment magique que nul ne peut réellement décrire !
Le lendemain matin, le dimanche de Pâques, nous sommes partis dehors avec les enfants, dans un traineau, et nous nous sommes promenés longtemps sur la glace, afin que les enfants surveillent les trous de pêcheurs… car ici, les cloches de Pâques sont en fait les lapins de Pâques, qui laissent des oeufs en chocolats dans les anciens trous de pêcheurs…… les enfants étaient subjugués et nous avons réussit à avoir une belle chasse aux oeufs de Pâques!

Voila comment vivre des moments uniques dans un pays unique, chaque année, chaque hiver plus souvent nous apporte son lot d’anecdotes….

Notre fille Nea a un souvenir mémorable d’une chasse d’oeufs à Pâques faite lors d’une expédition en cerf volant sur la mer baltique glacée !

  • EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?
La France ne m’a manqué qu’au début, car on ne trouvait pas beaucoup de fromages à l’époque. De nos jours, tout est présent et je ne manque de rien ! On n’est qu’à 3h de vol de Paris !

On a de la chance d’être dans une capitale au bord de la mer. J’apprécie donc pouvoir manger du saumon aussi souvent que possible, surtout que le poisson est vraiment abordable ici.

  • EU : Plutôt des amis français, finlandais, expatriés  internationaux ? Les finlandais sont-ils sympas / accueillants?
Mes amis ici en Finlande sont plutôt finlandais, mais j’ai quelques bons amis français également qui vivent ici depuis très longtemps, des « intégrés » comme je les appelle…. les français qui ne sont que de passage ici ne sont pas intéressants, car ils dénigrent souvent et ne sont pas très motivés pour s’adapter ou s’intégrer. Mes amis internationaux me sont très chers, car nous avons des points communs, nous partageons des situations d’étrangers dans un pays d’accueil…. mais malgré tout, plus le temps passe et plus je suis finlandaise….
Cela fut facile de se faire un cercle d’amis étudiants au debut, mais cela est plus durde garder le contact une fois que chacun a commencé sa vie active…. mais je suis chanceuse de ce côte là.

Les finlandais ne sont pas si ouverts au premier abord, ils sont d’aspect froid, mais une fois la glace fondue, ils sont chaleureux! Il faut donc juste être patient…

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le plus de France ?

La joie de vivre, la spontanéité, l’extériorisation des sentiments

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le moins de France ?

Le côté rabat joie, la critique négative, et la grognardise systématique…

  • EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? De faire un autre pays d’expatriation ?

Ma vie est ici en finlande, là où mon mari a son entreprise, là où j’ai mon entreprise désormais… Peut-être qu’à la retraite de mon mari, on pourra re-évaluer la situation, mais il faudra aussi tout repenser : où les enfants devenus adultes vivront etc… l’essentiel n’étant pas là où nous serons mais plutôt avec qui nous serons ! Car selon moi, peu importe où l’on est du moment que l’on est avec les bonnes personnes.

Je suis sur expatunited.com depuis un an environ, mais je n’arrive malheureusement pas à m’investir de par le manque de temps que j’ai…. et d’un autre côté je ne recherche pas particulièrement la compagnie des autres expatriés…. car je me sens plutôt locale maintenant, et peut-être même plus finlandaise que certaines finlandaises 😉

  • EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ? Des conseils ?

Pour venir vivre en Finlande, il faut s’armer face au climat difficile, face aux changements de luminosité extrêmes (peu en hiver et trop en été), face aux contacts sociaux assez durs malgré tout, et il faut surtout être ouvert à tout. Je suppose que, comme pour toute expatriation, il faut surtout s’apprêter aux changements, et aimer s’adapter aux nouvelles situations, tout simplement… comme par exemple de nager dans la baltique au travers d’un trou dans la glace 😉

Merci beaucoup Christelle d’avoir partagé ton incroyable quotidien avec nous ! Nous te souhaitons une excellente continuation pour la suite de tes aventures, que ce soit côté famille, côté pro et côté sportif ! Tiens nous au courant de tes exploits ! 🙂

Si vous souhaitez retrouver Christelle sur Expat United, cliquez par ici !
Et si vous avez envie de vous évader avec elle, voici le programme de sa petite entreprise :  http://www.outdoorhelsinki.fi/

Et si vous souhaitez voyager dans d’autres pays au travers toutes nos interviews, cliquez par  ! :-)

Enfin, n’hésitez pas à laisser vos impressions et commentaires ci-dessous, ça fait toujours plaisir …!! :-D

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2 réflexions au sujet de « Un sacré bout de femme expatrié en Finlande ! »

  1. Christelle! Merci de donner une belle image de ce pays que j’ai adoré lorsque j’y ai passé 6 mois. J’ai retrouvé ce que j’en pense même si mon expérience finlandaise (à Turku) a été beaucoup moins longue! Et ce que tu dis des gens de passage est malheureusement vrai, mais j’ai pu le rencontrer ici au Mexique et avec des personnes de toutes nationalités!

    Belle carrière, en espérant que tu vas accrocher le titre rapidos!

    Rom

  2. Superbe interview, en effet, un sacré bout de femme Christelle ! Je suis impressionné par ton train de vie et tes accomplissement clap clap clap !!!
    Et merci pour ces belles photos dépaysantes!

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