Portrait d’une ambassadrice exemplaire expatriée dans le Kentucky !

Aujourd’hui, l’équipe d’Expat United avait envie de mettre sous les feux des projecteurs pour cette nouvelle interview l’une de nos plus actives membres et Ambassadrice d’Expat United !
Lorène, expatriée à Lexington, dans le Kentucky, dégaine en effet plus vite que son ombre pour répondre aux nombreuses questions de la communauté, et rassurer avec sa gentillesse exemplaire les futurs expatriés de par ses précieux conseils.
Grâce à elle, notre slogan « Be expat… Be united » prend une nouvelle fois tout son sens … celui qui donne une raison d’être à Expat United et nous donne l’envie et l’énergie de continuer cette aventure, pour permettre à tous les français de l’étranger et futurs expatriés de se connaître et de s’entraider tout au long de leur parcours d’expatriation.
Donc pour toutes ses raisons…. un seul mot : Merci Lorène ! 🙂
Nous vous laissons donc la découvrir 🙂
  • Expat United : Depuis combien de temps es-tu expatriée aux États-Unis ? Quelle est ton activité ? Ton parcours personnel et professionnel ?

Même si je suis née à Paris où j’ai passé pas mal de temps, je suis également une fille du monde. En effet, enfant, j’ai eu la chance de suivre mon père dans ses pays d’expatriation. J’ai ainsi passé une partie de mon primaire au Rwanda, Kigali (1987-1991), et mon collège au Viêt Nam, Hô Chi Minh Ville (1994-1998). De quoi découvrir d’autres modes de vie et développer un goût prononcé pour les voyages (Tchad, Île Maurice, Tunisie, Maroc, Espagne, Benelux, DOM-TOM…).

Puis, c’est dans ma vie professionnelle que j’ai pu m’internationaliser à nouveau. J’ai fait un stage au Centre régional d’information des Nations-Unis (Belgique, Bruxelles – 2004), ai été stagiaire puis vacataire à la Cellule de veille et de crise du ministère des Affaires étrangères (2006), avant de finir sur le plateau médical international d’AXA Assistance (2007-2008).
Dans le genre plus franco-français, j’ai travaillé en tant que chargée de communication au sein du Service d’information du gouvernement (2005) et à l’Urssaf de Paris-région parisienne (2008-2011).

Et depuis le 6 mars 2011, je vis aux États-Unis…

  • Expat United : Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé? 

Après plusieurs candidatures et quelques entretiens pour obtenir un postdoc (CDD pour jeune chercheur), mon mari reçoit un appel : l’Université du Kentucky veut l’embaucher. Affaire conclue, nous partirons vivre à Lexington, KY, USA.

Après l’enthousiasme de la nouvelle (en tant qu’enfant expatriée j’ai toujours rêvé de repartir vivre à l’étranger), arrive le moment des interrogations. Heureusement, on peut compter sur Internet pour répondre à nos questions : Lexington est la deuxième plus grande ville du Kentucky (422 000 habitants avec l’agglomération), et se trouve dans le comté de Fayette dans la région de Bluegrass. Vous me direz qu’il s’agit d’une ville de campagne… C’est vrai, mais célèbre pour ses chevaux, son bourbon et sa musique. Par ailleurs, mesdames, je vous annonce que Georges Clooney est originaire de cette ville… What else ?

« Devant le Capitol de Frankfort »

  • EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?

Très bien. En fait, comme nous travaillons et vivons sur le campus (j’ai trouvé un poste de residence manager), il nous a été facile de rencontrer de nouvelles personnes. On a donc pu compter sur ce nouveau réseau pour nous aider à découvrir cet étrange pays (si, si) et à survivre aux différentes démarches.

En revanche, je dois reconnaître que nous côtoyons plus d’étrangers que d’Américains. Ces derniers sont très souriants, serviables et accessibles au premier abord, mais créer une véritable relation d’amitié est plus difficile.
Bizarrement, il y a un vrai état d’esprit européen qui est d’ailleurs très proche de celui des personnes d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Amérique latine. C’est un peu les USA contre le reste du monde 😉

« Lexington’s Downtown »

  • EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

Les restaurants. Ils sont beaucoup moins chers et très copieux. De plus, les boissons non alcoolisées sont souvent à volonté (je suis devenue accro à la lemonade), et on peut repartir avec sa box si on n’a pas réussi à finir son plat.

Découvrir que les séries et les films sont souvent proches de la réalité : le bal de promo, les groupes dans les lycées, les fraternités et sororités, l’importance de la communauté, les quartiers résidentiels avec leurs desperate housewives…

Le regard des gens qui est pratiquement inexistant et qui favorise le zéro complexe. Bien que ne m’y pliant pas, je suis toujours amusée de voir des personnes en pyjama au supermarché, ou des femmes obèses en tenues très courtes et moulantes. La définition de la liberté ?

  • EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?

Le manque d’ouverture d’esprit. En particulier concernant le racisme (hélas très présent) ou la religion (comment ça tu ne vas pas à l’église ?).

Le coût de la vie qui est très élevé (et je viens de Paris), mais surtout le fait de ne jamais connaître le prix final à l’avance. En effet, tous les tarifs sont affichés hors-taxes et ces dernières varient selon les produits ou l’État dans lequel on se trouve. De plus il y a souvent des frais cachés (de gestion, de livraison…). Sans parler du tip (pourboire) qu’il faut systématiquement ajouter (entre 10 et 20% de l’addition). C’est ainsi que la pizza commandée 11$ vous revient finalement à 16$.

Les démarches administratives. Comme en France c’est long et compliqué, sauf qu’ici en plus c’est cher. À titre d’exemple, il faut payer 400$ par an pour avoir une autorisation de travail.

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le plus de France ?

La nourriture. Il ne faut pas croire que l’on mange mal aux USA, mais disons que ce n’est pas très varié (hamburger, fried chicken, burgoo, biscuit, cole slaw, carrot cake…). Et puis, rien ne remplace un bon fromage qui pue !

Le métro-boulot-resto-dodo. Je me rends compte que je suis une vraie fille de la ville.

Mes amis et ma famille. Malgré les progrès technologiques (Skype et tout le reste), rien ne vaut une soirée ou un week-end avec ceux que l’on apprécie. Sans oublier mon chat.

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le moins de France ?

Les grèves.

Les embouteillages (périph, pont de Nogent…).

Le camion poubelle qui me réveille à 5h45 le matin.

  • EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? De faire un autre pays d’expatriation ?

Un bébé pour septembre (ndlr : Félicitations !!!!)
Un nouvel emploi plus proche de mon domaine de prédilection (les recherches commencent).
Un retour en France avant un autre pays ?

  •  EU : Tu es Ambassadrice d’Expat United. En quoi consiste ton rôle ?

J’essaie de répondre au mieux aux questions de mes compatriotes, de relayer les bons plans et les infos utiles. J’aimerais en faire d’avantage, comme organiser un BBQ, mais je suis assez éloignée des autres. Mais bon, si un jour vous passez dans le Kentucky, n’hésitez pas à me faire signe ! 🙂

Merci beaucoup Lorène ! Bon courage pour tes recherches d’emplois, et surtout toutes nos félicitations pour cette excellente nouvelle !

Alors, ça vous a donné envie de visiter la ville de Mr Clooney ? 😉

Pour retrouver Lorène sur Expat United, c’est par ici !
Et n’hésitez pas à aller visiter également son blog !

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Et pour retrouver toute notre série d’interviews d’expats, c’est par ici !

N’hésitez pas à laisser vos impressions et commentaires ci-dessous, ca fait toujours plaisir:-)

Un sacré bout de femme expatrié en Finlande !

Aux détours d’Expat United et de la page facebook, on papote, on papote, et on fait parfois des rencontres surprenantes !… des rencontres que l’on ne garde bien sûr pas pour nous, et que l’on partage donc ici, avec vous !
Levez la main ce qui ont déjà entendus parler de la pratique du « kiteski » ! (ouh ouh, où êtes-vous?) … bon, le kitesurf, ok, on connaissait… mais le kiteski… alors là, on l’avoue, c’est nouveau dans notre dictionnaire !
Christelle, expatriée en Finlande, va justement tout nous expliquer car elle est …. vice championne de kiteski ! (clap clap clap!)
Bon, par contre, nous préférons vous prévenir, et ce pour éviter tout réclamation !… lire son interview peut engendrer différents symptômes …de la culpabilité (du genre « oh mince, j’ai encore oublié de faire mon footing cette semaine! »).. mais aussi une intense fatigue … OUI, car nous, notre quotidien, à côté, c’est de la gnognotte !!! …

Mais il peut aussi, à contrario, vous donner plein d’énergie, vous évader, vous donner envie d’entreprendre, de vous expatrier, de faire du sport… bref, d’être une femme (ou un homme hein) accomplie, comme Christelle !

  • Expat United : Depuis combien de temps es-tu expatriée en Finlande? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

Je viens de Laval, en Mayenne (53) et je vis en Finlande, à Helsinki plus précisément, depuis fin décembre 1995, soit plus de 16 ans déjà !
Après une carrière d’enseignante, je me suis reconvertie et je suis actuellement guide d’activités sportives. J’organise des expéditions sur la banquise (entendez par là la mer Baltique gelée) .

  • EU : Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé?
J’ai découvert la Finlande en 1994, lors d’un échange Erasmus entre l’université catholique d’Angers et Helsinki.

Puis en décembre 1995, à l’aube de mes 23 ans, je suis partie à l’aventure ! Alors que ma licence en science de l’éducation stagnait, j’ai décidé d’aller découvrir le métier et de vivre l’enseignement au lieu de l’étudier sur les bancs de la fac. J’ai donc trouvé un remplacement en Finlande, là où j’avais fait mon stage Erasmus.

  • EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?
Pour survivre financièrement, j’ai du faire 5 jobs différents par jour pendant mes premiers mois.
Au début, je vivais chez une amie étudiante, et je courais partout… du matin au soir!
J’étais instit remplacante… puis assistante dans une autre école… je tenais un club de français dans une 3ème école.. je faisais des cours de discussions pour les étudiants à la fac… je corrigeais des mémoires… je donnais des cours privés pour adultes ou en entreprise… et je terminais ma journée en gardant un petit garçon de diplomate tous les soirs jusqu’à 21h ! (ndlr : rien que ça !)
Je pourrais dire que je me suis intégrée du mieux possible, m’ouvrant les portes les unes après les autres.

J’ai rencontré mon futur mari au bout de 6 mois, alors que mon séjour et mon remplacement touchaient à leurs fins. Je suis revenue en France pour régler ma situation et je suis repartie au bout de 7 semaines pour vivre ma nouvelle vie! 🙂

  • EU : Est-ce ta première expatriation ? Quels autres pays as-tu fait ?
C’était ma première expatriation, même si j’avais déjà voyagé à l’étranger.

Je dois préciser que le goût du voyage traîne dans mes veines…. ma grand-mère a vécu la même chose, a 23 ans également, pour suivre son mari en mission en Afrique du nord. Elle a vécu la guerre expatriée…. elle a vécu 18 ans loin de sa famille. Elle est allée vers le sud et au chaud, moi je suis allée vers le nord de l’europe et au froid ! 🙂

  • EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

La nature si apaisante, le climat si marquant, le fait de se sentir toujours dans un pays exotique avec la mer en été et la neige en hiver… de quoi maintenir l’esprit en vacances l’année entière!

  • EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?
Je n’en trouverais peut-être pas trois…. j’aime mon pays !
Le manque de communication non verbale, les finlandais sont d’aspect froid au premier abord…
Le manque d’impulsivité : les finlandais sont d’une force passive !

Je ne trouve pas de 3ème point ! Il faut dire que les choses que j’ai détesté au début, je les ai analysées et avec le temps, j’ai appris à les comprendre, à les accepter et à vivre avec… c’est plus facile pour mieux s’intégrer.

  •  EU : A quelles difficultés es-tu le plus confronté ?

Je ne me sens confrontée à rien du tout en fait, car j’ai vraiment appris à comprendre mon pays, à accepter la différence, et même à devenir finlandaise dans l’âme…. les liens sociaux et les contacts amicaux sont peut-être les plus durs, c’est peut-être là que j’ai le plus souffert au début : ne trouvant pas ici ce qu’il me manquait, une amitié à toute épreuve sur qui compter. Mais là aussi, avec le temps, je me suis fait une raison sur ce qui me manquait et j’ai comblé avec d’autres choses que je n’avais pas en France, histoire de trouver mon équilibre.

  • EU : Tu pratiques le kiteski, peux-tu nous expliquer en quoi consiste ce sport et d’où t’es venu cette passion ?
J’ai commencé le kiteski en 2005, et depuis j’ai participé 7 fois aux championnats du monde de voile sur glace (sauf en 2008 car j’ai accouché). J’ai commencé grâce a mon mari, il a fait de la voile pendant 30 ans au niveau mondial, donc je ne pouvais espérer meilleur coach! Il m’a beaucoup appris sur les tactiques de voile. Au début, cela fut vraiment un nouveau monde pour moi, car les sorties dehors, dans le froid, le vent, des conditions plus ou moins extrêmes auxquelles il fallait s’habituer étaient nouvelles, cela me demandait beaucoup d’énergie et d’adaptation…. à l’origine, j’ai quand même un épiderme de française, même si j’ai beaucoup changé 😉
Il y a beaucoup de femmes qui font du kitesurf, l’été ou dans les eaux chaudes…. mais par les -20 degrés, vous imaginez que le tri sélectif se  fait vite ! Il n’y a pas beaucoup de femmes dans le monde de la voile sur glace, et encore moins en cerf volant, c’est une catégorie très très physique ! Les russes dominent vraiment et cela fait donc des années que je me bats dans leur monde.
Ndlr : Christelle est vice championne du monde depuis 3 ans, et cumule 6 podiums sur 7 championnats !

  • EU : Businesswoman, championne de kiteski, maman ! Comment arrives-tu à tout gérer, vie de famille et vie professionnelle ?
La carrière sportive requiert beaucoup de temps : 6 mois par an environ de novembre à avril, mais il faut quand même rester en forme l’année entière, donc je m’astreins à des entrainements tous les deux jours dès septembre, puis tous les jours avant la saison hivernale (en novembre), ensuite j’enchaine le ski de fond et les footings dès que la neige arrive. Enfin, lorsque la mer est gelée, là je passe beaucoup de temps dans la journée à faire du cerf volant de traction !
Le côté sportif passe malgré tout après tout le reste…. ce qui signifie que je travaille dans la journée, je m’occupe comme tout le monde de l’organisation familiale (mon mari est entrepreneur) et des activités des enfants (4 et 11 ans). Les entrainements ne viennent que le soir tard, lorsque les enfants dorment…. je me retrouve donc à faire des sorties en ski de fond à 23h du soir… dans le noir et le froid…. je me force vraiment pour ne pas abandonner…. quelque part ça forge le caractère !
Tous les hivers, durant 2-3-4 mois, nous les faisons garder par leur grand-mère durant les entraînements de sortie en kite. Mais lorsque nous nous déplaçons aux championnats du  monde, les enfants viennent toujours avec nous. C’est une grande aventure familiale !! Il nous faut toujours trouver une baby-sitter locale et les adapter au pays…. Cette année ils étaient donc dans une famille américaine, c’est une chance qu’ils parlent anglais! Notre fils Mael avait 3 semaines lors de son premier championnat du monde en 2008 au Canada, je n’ai pas pu y participer pour des raisons explicites. Et l’année d’après, en 2009, je l’allaitais matin et soir durant le championnat du monde à Riga en Lituanie… cela ne m’a pas empêché de faire un podium avec une troisième place féminine 🙂
Et là, depuis peu, j’ai ajouté un autre défi à ma vie, puisque j’ai quitté le monde enseignant pour me mettre à mon compte en créant ma propre entreprise et en devenant guide d’activités d’exterieur. J’organise des expéditions uniques sur la mer glacée, je fais découvrir cette magnifique nature que nous avons aux abords d’Helsinki, je partage ma passion aux touristes de passage….
Tout est une question d’organisation mais plus principalement de passions, et de ne jamais compter son temps, ni l’énergie dépensée dans tel ou tel domaine….
J’avoue que lorsque le printemps arrive, lorsque la mer dégèle, et que les beaux jours pointent leur nez, j’ai un énorme besoin de me ressourcer et de remettre tous les compteurs a zero. En effet, mes activités sportives et professionnelles sont plus concentrées en hiver, là où la luminosité est moindre, là où, normalement, le corps humain comme la nature se repose plus… je demande donc à mon corps le contraire de ce que la nature fait normalement… cela demande donc une gestion physique et psychique très forte, surtout quand on a une famille en plus.

J’aimerais bien augmenter mon niveau sportif et commencer également une carrière estivale, mais cela demanderait une gestion encore plus poussée avec les enfants, et cela deviendrait surhumain…. donc pour le moment on met ça de côté !

  • EU : Un fait marquant à nous raconter ? 
Je n’ai pas de fait marquant, mais je peux par contre vous faire partager l’anecdote du weekend dernier. Nous étions en vacances dans le nord du pays, en camping car avec nos enfants (par -12°), nous avions trouvé un bord de lac sympa que nous connaissions pour avoir participé à une competition là-bas. Nous avancons donc le camping car au bord du lac, puis sur la glace (les véhicules roulent sur les lacs l’hiver), un grand bûcher se dressait la… Le soir nous avons participé à une fête où le bûcher brulait de milles parts pour faire peur aux sorcières ! Cela fait 16 ans que je fête Pâques ici, mais c’était la première fois que je participais à une telle fête, en plein milieu d’un lac glacé ! Nous avons donc dormi en camion sur le lac, tout en regardant le bûcher toute la nuit se consumer… avec un ciel étoilé, une entendue glacée a l’infini, et un lac si calme… un moment magique que nul ne peut réellement décrire !
Le lendemain matin, le dimanche de Pâques, nous sommes partis dehors avec les enfants, dans un traineau, et nous nous sommes promenés longtemps sur la glace, afin que les enfants surveillent les trous de pêcheurs… car ici, les cloches de Pâques sont en fait les lapins de Pâques, qui laissent des oeufs en chocolats dans les anciens trous de pêcheurs…… les enfants étaient subjugués et nous avons réussit à avoir une belle chasse aux oeufs de Pâques!

Voila comment vivre des moments uniques dans un pays unique, chaque année, chaque hiver plus souvent nous apporte son lot d’anecdotes….

Notre fille Nea a un souvenir mémorable d’une chasse d’oeufs à Pâques faite lors d’une expédition en cerf volant sur la mer baltique glacée !

  • EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?
La France ne m’a manqué qu’au début, car on ne trouvait pas beaucoup de fromages à l’époque. De nos jours, tout est présent et je ne manque de rien ! On n’est qu’à 3h de vol de Paris !

On a de la chance d’être dans une capitale au bord de la mer. J’apprécie donc pouvoir manger du saumon aussi souvent que possible, surtout que le poisson est vraiment abordable ici.

  • EU : Plutôt des amis français, finlandais, expatriés  internationaux ? Les finlandais sont-ils sympas / accueillants?
Mes amis ici en Finlande sont plutôt finlandais, mais j’ai quelques bons amis français également qui vivent ici depuis très longtemps, des « intégrés » comme je les appelle…. les français qui ne sont que de passage ici ne sont pas intéressants, car ils dénigrent souvent et ne sont pas très motivés pour s’adapter ou s’intégrer. Mes amis internationaux me sont très chers, car nous avons des points communs, nous partageons des situations d’étrangers dans un pays d’accueil…. mais malgré tout, plus le temps passe et plus je suis finlandaise….
Cela fut facile de se faire un cercle d’amis étudiants au debut, mais cela est plus durde garder le contact une fois que chacun a commencé sa vie active…. mais je suis chanceuse de ce côte là.

Les finlandais ne sont pas si ouverts au premier abord, ils sont d’aspect froid, mais une fois la glace fondue, ils sont chaleureux! Il faut donc juste être patient…

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le plus de France ?

La joie de vivre, la spontanéité, l’extériorisation des sentiments

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le moins de France ?

Le côté rabat joie, la critique négative, et la grognardise systématique…

  • EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? De faire un autre pays d’expatriation ?

Ma vie est ici en finlande, là où mon mari a son entreprise, là où j’ai mon entreprise désormais… Peut-être qu’à la retraite de mon mari, on pourra re-évaluer la situation, mais il faudra aussi tout repenser : où les enfants devenus adultes vivront etc… l’essentiel n’étant pas là où nous serons mais plutôt avec qui nous serons ! Car selon moi, peu importe où l’on est du moment que l’on est avec les bonnes personnes.

Je suis sur expatunited.com depuis un an environ, mais je n’arrive malheureusement pas à m’investir de par le manque de temps que j’ai…. et d’un autre côté je ne recherche pas particulièrement la compagnie des autres expatriés…. car je me sens plutôt locale maintenant, et peut-être même plus finlandaise que certaines finlandaises 😉

  • EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ? Des conseils ?

Pour venir vivre en Finlande, il faut s’armer face au climat difficile, face aux changements de luminosité extrêmes (peu en hiver et trop en été), face aux contacts sociaux assez durs malgré tout, et il faut surtout être ouvert à tout. Je suppose que, comme pour toute expatriation, il faut surtout s’apprêter aux changements, et aimer s’adapter aux nouvelles situations, tout simplement… comme par exemple de nager dans la baltique au travers d’un trou dans la glace 😉

Merci beaucoup Christelle d’avoir partagé ton incroyable quotidien avec nous ! Nous te souhaitons une excellente continuation pour la suite de tes aventures, que ce soit côté famille, côté pro et côté sportif ! Tiens nous au courant de tes exploits ! 🙂

Si vous souhaitez retrouver Christelle sur Expat United, cliquez par ici !
Et si vous avez envie de vous évader avec elle, voici le programme de sa petite entreprise :  http://www.outdoorhelsinki.fi/

Et si vous souhaitez voyager dans d’autres pays au travers toutes nos interviews, cliquez par  ! :-)

Enfin, n’hésitez pas à laisser vos impressions et commentaires ci-dessous, ça fait toujours plaisir …!! :-D

Parcours d’un expatrié globe-trotter, retraité en Uruguay… !

Après avoir gagné haut la main au jeu concours « Expatriés à vos tabliers » avec son Asado (viandes et saucisses grillées au parillero) qui a donné envie à plus d’un… nous vous proposons comme à notre habitude de découvrir le parcours Alhan, expatrié en Uruguay. Grand voyageur, il n’en est plus à sa première expatriation, mais cette fois-ci, il a tout quitté pour l’Uruguay !
Laissez-vous entraîner au fil des lignes par cet ancien journaliste, et vous y découvrirez un pays aux milles saveurs… !

  • Expat United : Depuis combien de temps es-tu expatrié en Uruguay ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

"C'est moi ! Elle date du mois dernier."

Je suis né en Alsace il y 62 ans. J’ai fait mes études à Strasbourg. J’ai ensuite vécu à Reims, à Paris, dans l’Orne et enfin dans la Mayenne. Je suis retraité. En fait, je n’ai pas beaucoup travaillé dans ma vie ; à peine 20 ans dans l’administration. Ma dernière occupation : correspondant de presse. Je suis un globe-trotter dans l’âme. J’ai fait 5 tours du monde et parcouru 78 pays. Je suis arrivé en Uruguay le 13 mai 2011. Je me suis installé au cœur de Montevideo, dans Ciudad vieja, où j’ai acheté une maison coloniale.

  •  EU : Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé?

J’ai connu d’énormes soucis de santé : cancers et gros ennuis cardiaques. Je vivais seul dans un château avec mon chien, mes 4 chats et mes volailles. Ajoutés à cela un divorce récent et une retraite modeste : il était grand temps que le cours de ma vie change. L’occasion s’est présentée par hasard via internet, avec Pablo. Il m’a proposé de venir en Uruguay.
Vieux, seul et malade, j’ai accepté ; comme tout au long de ma vie, sans prendre le temps de la réflexion. J’ai tout vendu (et ce n’est pas aisé de vendre un château en temps de crise!) et je suis parti, avec mes animaux. Pas facile, pas évident et plutôt coûteux, mais je n’ai à aucun moment imaginé de les abandonner. C’est donc un peu à l’aventure que je suis parti.

  •  EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ? 

Aucun souci pour les animaux, ils se sont bien adaptés. Quant à moi, je suis toujours en cours d’intégration. J’ai un peu de mal à m’habituer à la façon de parler (espagnol) des uruguayens.  Je ne comprends pas toujours tout (cela doit être l’âge…). Il faut apprendre à être patient. La devise du pays semble être : « tout vient à point à qui sait attendre ». Mais personne ne fait rien pour accélérer le cours des choses. Parfois j’ai aussi comme l’impression qu’on me prend pour un tiroir-caisse.

  • EU : Est-ce ta première expatriation ? Quels autres pays as-tu fait ?

Ce n’est pas ma première expatriation. J’avais déjà fait des séjours prolongés en Italie, en Allemagne, en Espagne, au Maroc et à New York. Mais j’avais toujours gardé un pied-à-terre à Paris. Et j’étais plus jeune !

  •  EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

Le climat, la viande, la musique. Le front de mer de Montevideo (las ramblas).

"La rambla Francia, quasiment sous mes fenêtres"

  •  EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?

Le manque de ponctualité et d’organisation.
Le manque d’hygiène et de civisme. Entre les ordures ménagères et ce que les gens abandonnent partout, Montevideo est une ville qui n’arrive pas à être propre.
Prendre comme excuse l’appartenance au tiers-monde pour justifier ce qui ne fonctionne pas.

  •  EU : A quelles difficultés es-tu le plus confronté ? 

Les lenteurs administratives sont absolument incroyables. Il faut attendre plus d’un an pour obtenir un permis de séjour permanent, alors que vous avez fourni (et plusieurs fois réactualisé) tous les documents nécessaires. Je ne l’ai d’ailleurs toujours pas…
Les délais d’attente dans les administrations sont effarants. C’est pire que les meilleures caricatures de la sécurité sociale ou de la poste en France dans les années 1960-1970 !
J’ai connu 3 mois particulièrement difficiles, au moment des travaux de rénovation de ma maison. C’était un combat de chaque instant : il fallait être présent sur le chantier, tous les jours, et tout vérifier, tout contrôler. Je devais me battre pour obtenir ce que je voulais et que je payais ! A en croire les conversations que j’ai eues avec les autochtones et d’autres expatriés, c’est toujours comme cela dans le bâtiment : une fatalité à accepter !

  •  EU : Un fait marquant à nous raconter ? 

Je suis éberlué par la quantité de boissons que les Uruguayens absorbent. Ils consomment énormément de bière, de whisky et de coca-cola. Que chaque convive descende plus d’une bouteille de whisky au cours d’une soirée est chose courante. Le pire est qu’ils prennent le volant après !
Une autre chose m’étonne beaucoup. Les Uruguayens consomment aussi le maté. C’est une tradition. Ils ont donc toujours une bouteille thermos coincée sous le bras et une calebasse avec un suceur à la main. Que ce soit dans la rue, au travail, ou en voiture, ils ne s’en séparent jamais. Côté efficacité, ils ont un bras en moins…

  •  EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?

Bien sûr que la cuisine française me manque. Mais au pire, je peux toujours la faire moi-même. J’aurais surtout envie de retrouver le goût du poulet fermier !
La viande bovine est excellente en Uruguay (ndlr: c’est d’ailleurs elle qui t’a permis de gagner le jeu ! 🙂 ). C’est à peu près la seule nourriture qui soit moins chère qu’en France, alors j’en profite !

Ce que j’aime beaucoup est le « chivito » : un morceau de viande de bœuf grillé avec du fromage et du jambon et un oeuf sur le plat, servi avec des frites et des salades. J’aime aussi la « picada » : une grande variété de petits plats, chauds et froids.

"Le fameux Chivito !"

  •  EU : Plutôt des amis français, uruguayens, expatriés  internationaux ? Les uruguayens sont-ils sympas / accueillants?

Mes amis sont tous uruguayens. Ce sont les amis de Pablo, qui m’ont adopté. Sympathiques et accueillants, sans aucun doute. Je n’ai pas encore fait de rencontre personnelle, mais quand je vais au marché (2 fois par semaine), tout le monde est chaleureux.

  • EU : Les choses qui te manquent le plus de France ?

Le chocolat (le bon chocolat), le champagne, le fromage et les cerises.
La télévision, mes amis et mon activité de correspondant de presse.

  •  EU : Les choses qui te manquent le moins de France ?

La neige et le froid de l’hiver.
Le permis de conduire à points.
Les taxes foncières.

  • EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? De faire un autre pays d’expatriation ?

"Mon pacs au consulat de France"

Il y a longtemps que je ne fais plus de projet d’avenir. Je vis au jour le jour. Comme tout
au long de ma vie, j’essaye seulement de m’adapter et d’accorder aux circonstances ce
qu’elles exigent. Je reviens en France tous les 6 mois (pour des contrôles médicaux). J’en profite pour faire découvrir le monde à Pablo qui n’avait jamais voyagé avant de me connaître. Dans l’immédiat, nous passerons la semaine sainte au Chili. Nous serons en France en mai, en Turquie en juin, aux Etats-Unis et au canada en août et en septembre. Je continuerai tant que je pourrai. Mais je ne déménagerai plus !

J’ai dû m’inscrire dès que j’ai rencontré le site sur facebook, il y a un peu moins d’un an. C’est très intéressant de voir comment les autres appréhendent le monde, comment ils vivent. J’aime cette diversité qui est très enrichissante. Mais aucune réponse à des questions (peut-être que je n’en pose pas ?) ni aucuns nouveaux amis…

  • EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ? Des conseils ?

Pourquoi pas ? L’Uruguay est un pays qui a de l’avenir. Pour les nostalgiques des années 1960-1970, Montevideo présente comme un parfum de retour en arrière. Et si l’on excepte le phénomène (mondial) de la drogue et de la corruption avec ses conséquences (insécurité), on vit bien ici. Encore que l’inflation est galopante !

Un conseil ? Il faut s’armer de patience. Ce n’est pas toujours évident…

Un grand merci à Alhan de nous avoir fait découvrir ce pays un peu méconnu ! Nous lui souhaitons une bonne continuation, pleins de bonheurs, et surtout …. de bien garder sa patience ! 😉

Si vous souhaitez retrouver Alhan sur Expat United, cliquez par ici ! Et si vous souhaitez voyager dans d’autres pays au travers toutes nos interviews, cliquez par ! 🙂

Enfin, n’hésitez pas à laisser vos impressions et commentaires ci-dessous, ça fait toujours plaisir …!! 😀

Le parcours de Sabine, « multi-expatriée », arrivée par amour à Rosario, en Argentine

Vous vous souvenez de notre jeu photo “miam miam” ? 🙂

Nous vous dévoilons donc aujourd’hui l’interview de Sabine, l’une de nos gagnantes, avec son plateau apéro argentin qui donnait juste envie … d’être à ses côtés pour le partager ! 🙂

  • Expat United : Depuis combien de temps es-tu expatriée en Argentine ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

"Séance de travail le long de la rivière (Rosario, Argentine)"Originaire du sud Bretagne, je suis partie de France assez jeune, un peu avant mes 20 ans. Ma première expatriation s’est faite presque par hasard puisque je suis partie à Londres dans le but d’améliorer mon anglais. Je pensais y rester 6 mois au maximum mais j’y ai tellement pris goût que j’y suis restée près de 11 ans au total !
En 2008, alors que je cherchais un poste de volontariat en Amérique Latine, j’ai décidé de quitter Londres pour vivre à Valence en Espagne et y apprendre l’espagnol. J’y ai rencontré mon petit ami, Gaston, et ensuite nous avons décidé de nous installer ensemble à Rosario en Argentine afin de se rapprocher de sa famille, il y a 2 ans !

Diplômée d’une licence de Marketing obtenue en Angleterre, je me suis spécialisée au fil des années dans le marketing pour les organismes culturels et les associations caritatives (fundraising). Cependant, ce n’est pas une profession recherchée ici en Argentine donc j’ai du m’adapter aux réalités locales. J’ai donc commencé comme chef de projet pour une entreprise de traduction de Rosario et très rapidement j’ai eu l’opportunité au sein de l’entreprise de créer un nouveau service de marketing et communication, en me spécialisant dans le marketing en ligne et les media sociaux.
Parallèlement, j’ai monté mon propre projet en ligne, Anywhere in the World (désolée c’est tout en anglais !), pour aborder les aspects professionnels d’une expatriation en solo (ie sans l’aide d’une entreprise) : les outils pour chercher du travail à l’étranger, l’utilisation des medias sociaux, la création de son propre projet en ligne afin de pouvoir changer de pays sans avoir à chercher de nouveau un travail, etc.

Je n’ai jamais eu l’opportunité de partir par le biais d’une entreprise, et dans toutes mes expatriations, le plus dur a toujours été de retrouver un travail dans mon nouveau pays. Mon projet me permet de faire une activité qui me passionne, d’utiliser mes connaissances et de me garantir un travail en cas de nouvelle expatriation 🙂

  •  EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?

Passer de l’Espagne à l’Argentine ne fut pas si difficile. Mon intégration s’est relativement bien passée et je n’ai pas ressenti de choc culturel. Cela faisait aussi près de 2 ans que j’étais avec mon ami argentin en Espagne donc j’avais eu le temps de m’habituer à l’accent argentin et aux coutumes de son pays, comme la dévotion pour le football, le goût prononcé pour le dulce de leche (confiture de lait) et les envies de prendre des matés à toutes heures. 🙂

  • EU : Est-ce ta première expatriation ? Quels autres pays as-tu fait ?

J’ai également vécu à Londres, à Berlin et à Valence.

  • EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

– Les grandes étendues de la province de Santa Fe où je vis…
– Les opportunités et le potentiel du pays. Ils ont vécu tant de crises que les Argentins ne se laissent pas abattre et saisissent toutes les opportunités que leurs sont offertes.
– Les festivals et fêtes folkloriques argentines : les peñas, les domas et les chamamés (festivals de musique et de chevaux très populaires auprès des Argentins de tout âge)

  •  EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?

– Que la corruption soit vue comme un fait irrémédiable
– Le manque de conscience écologique
– Les distances… depuis Rosario tout parait si loin ! les villes les plus proches sont Buenos Aires a 300km (4h30 de bus) et Cordoba a 400km (6h de bus), Mendoza à 850km (14h de bus), Salta à 1300km (18h de bus), et un incroyable 3370km pour rejoindre Ushuaia, (environ 50h de bus !!!)…

  • EU : A quelles difficultés es-tu le plus confrontée ?

Au fil de mes expatriations, je me suis habituée à voir les choses différemment, à tel point que lorsque je suis face à quelque chose de nouveau, je ne le considère pas nécessairement comme une difficulté.
Le système administratif ici est parfois – souvent – kafkaïen mais j’ai aussi ressentie cela en France, en Angleterre et en Espagne lors de certaines démarches administratives.

  •  EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?

Je dois dire que je cuisine beaucoup de plats français. J’ai toujours un livre de cuisine française à portée de mains. Cela a été ma façon de ne pas ressentir trop le manque du pays. J’ai aussi pris l’habitude de manger comme les locaux et ne pas chercher à acheter un camembert ou saucisson qui a fait 10.000km de voyage. J’évite aussi de faire les comparaisons car souvent ca n’a juste rien à voir…
Mes spécialités locales préférées sont l’empanada, la humitas (spécialité du nord a base de maïs) et l’asado (barbecue).

  •  EU : Plutôt des amis français, américains, expatriés internationaux ? Les américains sont sympas / accueillants?

C’est un mélange. J’ai quelques amis français, beaucoup d’amis expats anglophones et quelques argentins. En tant que française, j’ai toujours été très bien acceptée par les argentins, qui sont souvent curieux de savoir pourquoi une française décide-t-elle de vivre à Rosario.

  •  EU : 3 choses qui te manquent le plus de France ?

Beaucoup de choses me manquent de France (ma famille et les amis notamment) mais cela fait tellement longtemps que je n’y vis plus que j’ai pris l’habitude de vivre sans…et puis il y a Skype !
Par contre, une chose que je ne peux pas partager par Skype c’est la nourriture donc quand je vais voir ma famille, j’en profite toujours pour manger beaucoup de fruits de mer, de crustacés et de poissons.

  •  EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? De faire un autre pays d’expatriation ?

Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve mais pour l’instant je suis bien ici en Argentine ! 🙂

Je me suis inscrite sur le site d’Expat United il y a quelques mois.
Je suis également la page Facebook. J’ai beaucoup aimé les concours de photos de l’année dernière!

  •  EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ? Des conseils ?

L’Argentine est un pays de contraste qui vaut la peine d’être découvert. Comme pour toute expatriation, il y a des risques (insécurité des grandes villes sud-américaines, difficulté à trouver du travail, instabilité, inflation, etc…) mais je pense sincèrement qu’avec un esprit ouvert et une vraie envie de réussite, c’est un pays exceptionnel pour un expat. Donc, venez ici et découvrez le pays !
Par contre, ne vous cantonnez pas seulement à Buenos Aires, il y a une autre Argentine très différente et bien plus attachante derrière cette mégalopole de 13 millions d’habitants.

Retrouvez Sabine sur Expat United
Découvrez également Rosario via le site que Sabine a crée : Rosario Connection
Retrouvez également tous les interviews d’expatriés.

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Agnès, l’histoire d’une expatriation en famille réussie aux Etats-Unis

Vous vous souvenez de notre dernier jeu photo « miam miam » ? Et vous avez peut-être même encore en tête cette énorme dinde de Thanksgiving concoctée par Agnès et son mari … grâce à laquelle ils ont d’ailleurs remporté la 1ère place du jeu !!
Bon, eh bien Expat United ne pouvait pas laisser filer l’opportunité d’en apprendre un peu plus sur Agnès et son « chef à domicile » ! 🙂
Même si s’expatrier aux Etats-Unis a été une décision prise en quelques secondes à peine, ils en ont fait un heureux projet de vie familial et professionnel… qu’ils ne sont apparemment pas prêts de quitter !

  • Expat United : Depuis combien de temps es-tu expatriée aux Etats-Unis ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

J’ai 45 ans, je suis mariée, 2 enfants de 10 et 12 ans (fille et garçon). Je suis au départ originaire de Bretagne mais ai vécu a Lyon 13 ans avant de partir en 2008 pour m’expatrier aux USA (Bethlehem, Lehigh Valley, Pennsylvanie). Je suis pharmacien de formation et je travaille dans l’industrie pharmaceutique (vaccin) depuis presque 12 ans maintenant, c’est la société pour laquelle je travaille qui m’a donné l’opportunité de m’expatrier.

  • EU : Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé ?

La décision nous a pris environ …30 secondes… Mon mari avait monté sa société en France, un soir, il m’annonce qu’il ne va pas pouvoir continuer et doit déposer le bilan. Sans plus réfléchir je lui réponds : ça veut dire que l’on peut partir? il me répond que oui … le lendemain j’appelais la RH et tout est ensuite allé très vite, 6 mois plus tard on était installé aux US!

  •  EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?

Bien et pour tout le monde. Mon mari et moi étions parfaitement en phase sur notre départ et on a vécu cela comme une lettre à la poste, ce qui a certainement aussi aidé les enfants à vivre ce changement facilement. Bien sûr il y a eu des moments plus difficiles que d’autres, comme les premières semaines à l’école pour les enfants (qui ne parlaient pas anglais), les premières fêtes de famille ou entre amis que l’on manque …

  • EU : Est-ce votre première expatriation ? Quels autres pays avez-vous fait ?

C’est ma première expérience, enfin, si j’exclus l’expatriation de Bretagne à Lyon 😉

  • EU : 3 choses que vous adorez dans votre pays d’expat ?

Le respect des différences,
Le positivisme,
L’entreprenariat.

  •  EU : 3 choses que vous détestez dans votre pays d’expat ?

Les clichés,
Le prix du bon fromage,
L’opulence.

  • EU : A quelles difficultés es-tu le plus confrontée ?

 Les enfants restent selon moi le plus gros challenge. Adulte on fait la part des choses, on gère les différences culturelles, alors que les enfants sont des éponges, et veulent se fondre dans leur nouvelle culture. En tant que parents on se retrouve challengés si on veut conserver quelques habitudes françaises !

  •  EU : Un fait marquant à nous raconter ?

Difficile de choisir un seul exemple, il y en a tellement! L’élection de Barak Obama a été un une expérience intéressante alors que fraîchement arrivés nous venions de vivre celle de Sarkozy en France….
Dans un autre registre, les BYOB quand on va au restaurant (BYOB = Bring You Own Bottle)

  •  EU : Côté culinaire ? La France vous manque ? Quelle est votre spécialité locale préférée ?

OUI ! La France nous manque beaucoup culinairement ! Heureusement on arrive maintenant à trouver à peu près tout ce que l’on veut, mais quand même, le bon pain, une bonne pâtisserie, un bon petit resto …. Ça manque.

Côté cuisine, j’ai la chance d’avoir un chef à domicile : lorsque l’on est partis mon mari avait clairement l’intention de trouver du travail aux US, pensant que ça ne serait pas trop difficile dans un tel pays, la réalité a été différente et très vite l’envie de remonter une société a refait surface, mais quoi faire? L’idée a d’abord germée… mais quand on met ensemble l’envie de travailler, l’amour des américains pour la cuisine française, les américaines qui ont envie d’apprendre à cuisiner français….ça donne “The French Touch” : traiteur/chef à domicile et cours de cuisine!

  •  EU : Plutôt des amis français, américains, expatriés internationaux ? Les américains sont sympas / accueillants?

 Les américains sont très accueillants et très sympathiques, ce qui est le plus perturbant pour un français c’est que le mode relationnel est quasi inverse : les américains sont très sympas et très accueillant au premier abord (le panier de cookies de Bree Van de Kamp dans Desperate Housewives est une réalité), mais la relation reste souvent superficielle, le cercle intime est en règle générale réservé à la famille. Mais après presque 4ans, on a quand même réussi à tisser des relations fortes et on a maintenant de vrais bons amis américains.
Nos amis sont de toutes origines et ce qui nous importe est l’amitié, pas l’origine des personnes, on a appris grâce à l’expérience d’expatriation qu’il ne faut pas brûler les étapes, ce n’est pas parce que l’on est expats que l’on est ou doit être les meilleurs amis du monde ! L’expérience rapproche, c’est indiscutable, mais prudence.

  •  EU : 3 choses qui vous manquent le plus de France ?

La famille,
La diversité culinaire,
Le bon vin.

  •  EU : 3 choses qui vous manquent le moins de France ?

Les français qui râlent,
Les français qui sont négatifs,
L’agressivité au volant.

  •  EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? De faire un autre pays d’expatriation ?

Oui, projet de rester aux USA.

Depuis le début je pense. J’aime beaucoup Expat United qui a un coté différent des autres sites dédiés aux expats, site très dynamique et interactif (ndlr : merci ! 🙂 )

  •  EU : Que diriez-vous aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans votre pays ? Des conseils ?

Faites-le ! Il ne faut surtout pas trop se poser de questions, sinon on ne bouge pas. On est tous (y compris les enfants) beaucoup plus flexibles qu’on ne le pense ! Si l’envie est là : foncez!

"Photo de famille - Vacances dans l'ouest américain - l'Utah"

Un grand merci à Agnès ! Mmmmmh quelle chance d’avoir un chef cuisinier à domicile ! Vous allez faire des envieux 🙂 … en tout cas excellente continuation à lui pour son excellente idée d’entreprise !

Retrouvez Agnès sur Expat United.
Retrouvez également tous les interviews d’expatriés.

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Margot, expatriée dans un petit paradis jalousement gardé secret

Allez, aujourd’hui on vous emmène un peu en terre inconnue… puisque le Sultanat d’Oman, selon les sources officielles, qui s’étend sur plus de 300 000 Km2, compte à peine 500 expatriés français. Pourtant, il y aurait quand même 24% d’expatriés sur les 3 millions d’habitants, issus plutôt du sous-continent indien.

Alors, où sont les français ? … 🙂
Après la lecture de l’interview de Margot, expatriée à Mascate… je pense que cela va donner envie à plus d’un de se pencher d’un peu plus près sur la question ! 🙂

  • Expat United : Depuis combien de temps es-tu expatriée à Oman ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

"Photo de famille au Jebel Shams (manque l’aînée qui étudie en France …)"

Originaire de Lyon, j’ai été expatriée pendant mon enfance en Afrique, ce qui m’a toujours donné envie de repartir. Des études de ressources humaines en France, un premier job en Allemagne en Ambassade, puis des jobs en ressources humaines en région parisienne et enfin une petite bouffée d’air lorsque qu’avec mon mari nous avons trouvé du travail en région lyonnaise.
A présent, nous sommes installés en famille à Mascate depuis mars 2010.

  • Expat United : Qu’est-ce qui t’as motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé ?

A chaque expatriation, c’est mon mari qui trouve du travail et ensuite la famille le rejoint avec beaucoup de plaisir. Bien sûr, auparavant nous regardons les écoles et le mode de vie dans le pays d’accueil. Il est en contrat local (payé en Rials omanais), sans attache avec la France. C’est un CDD de 2 ans renouvelable presque indéfiniment ! Beaucoup de nos voisins sont ici depuis 20 ans.

  • Expat United : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?

En Oman, 2 langues sont parlées : arabe et anglais. Nous avons inscrit nos filles dans une école internationale (système IB) et ce fut donc dès leur arrivée l’immersion totale en langue anglaise (elles avaient 13 et 7 ans ; notre fille ainée de 17 ans était restée en France pour faire sa Terminale). A présent elles sont bilingues et surtout sont ravies de leur école : « la meilleure école du monde !» d’après ma fille de 8 ans.
Quant à moi, j’avais anticipé 2 ans auparavant en faisant une formation en coaching. En arrivant, j’ai passé quelques mois à rencontrer, prendre des contacts, et j’exerce à présent 2 métiers : coach de vie et professeur de français.
Toute la famille est donc parfaitement intégrée.

"Notre campement pendant les vacances de Noël"

L’école finie à 14 heures (mon mari aussi) et les après-midi sont alors consacrés aux activités sportives, musicales, linguistiques … etc. C’est la 1ère fois que mon mari est autant présent et ce n’est que du bonheur pour tout le monde. Quant aux week-ends, ils sont finalement bien chargés entre les visites du pays, les randonnées en montagne, la plage ou simplement piscine avec des amis.

  • Expat United : Est-ce ta première expatriation ?

Nous avons habité en Allemagne, au Gabon, un petit passage par Londres, puis un bref retour en France avant de venir nous installer en Oman.

  •  EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

J’adore l’ambiance calme et douce qui se dégage de ce pays.

J’aime les paysages variés (montagne, mer, désert) qui permettent tellement d’escapades le week-end ou pendant les vacances.

J’aime les mélanges de cultures et la richesse qui s’en dégage (67 nationalités dans l’école de mes filles !).

"Journée canyoning"

"Week-end en montagne"

  •  EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?
Les expatriés qui se laissent vivre m’insupportent, ne prenant pas conscience de la qualité de vie exceptionnelle dont ils bénéficient ici.  De même que l’esprit « esclavagiste » de certains me hérisse les poils.

  • EU : A quelles difficultés es-tu le plus confrontée ?

La langue : je ne suis pas bilingue anglais et dans les regroupements multiculturels, j’ai parfois du mal à suivre en anglais, et je ne parle pas arabe … Je m’y mets !

  • EU : Un fait marquant à nous raconter ?

J’ai été surprise au départ par les files d’attente spécifiques pour les femmes et la conduite des femmes qui en découle : quand une femme arrive dans un lieu public, elle considère qu’elle est prioritaire et tous les hommes laissent faire.
Un jour, je me suis arrêtée à un distributeur automatique de billets pour retirer de l’argent. Il y avait au moins 6 hommes qui attendaient leur tour. Lorsque je suis arrivée, ils m’ont tous fait signe avec insistance de passer devant … je n’ai donc pas attendu. Et c’est pareil dans les administrations lorsque je vais faire faire des papiers.
Ce qui est formidable aussi est que les employés ont le sourire !!

Une autre chose surprenante est l’eau chaude, toujours, bref jamais froide, au robinet. En été, il est difficile de prendre une douche à 14 heures, on se brûle ! Un voisin m’a dit qu’un jour, quand il a tiré la chasse d’eau, de la vapeur est sortie des toilettes…

  • EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?

Ici, il y a beaucoup de styles de cuisine mélangés : indien, turc, anglais, américain… on peut trouver tous les produits du monde, c’est incroyable, même les produits français. On trouve du porc et de l’alcool dans certains magasins spécialisés. Comme je ne suis pas une fana de charcuterie, ni de fromage de vache, et bien il n’y a rien qui me manque vraiment!

  • Expat United : Plutot des amis français, omanais, expatriés internationaux ? les locaux sont sympas / accueillants?

Des amis francophones, des anglophones et quelques connaissances omanaises. Les omanais sont extrêmement accueillants, ils ont le sens du partage, aiment connaître notre culture et partager la leur. Par contre, ils ne savent pas toujours comment se comporter avec une femme et, avec mes amies françaises, nous avons été plusieurs à être surprises de leur vision de la femme occidentale : libérée et pas forcément fidèle. J’ai dû plusieurs fois leur dire que mon mari ne partage pas, que je suis fidèle, mais pour autant cela ne le dérange pas que j’ai des amis hommes et sorte seul le soir. Les hommes comme les femmes sont très mal à l’aise dans la mixité.

  • EU : 3 choses qui te manquent le plus de France ?

La verdure ! A part dans la région du Dhofar où il pleut et la végétation est bien verte, en région de Mascate il n’y a pas d’arbres. Quand je rentre en France, je m’emplie les yeux de vert et les poumons de chloropylle !

Sinon, rien ne me manque et cet été je n’avais pas envie de rentrer en France.

  • EU : 3 choses qui te manquent le moins de France ?

La grogne et la râlerie des français et même parfois leur agressivité.

Le rythme de travail… ici, le leitmotiv c’est « profite de la vie »

Le ciel gris, la pluie et la grisaille. J’aime qu’ici tous les matins, le ciel soit bleu !

  • Expat United : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? de faire un autre pays d’expatriation ?

Ah non, aucun membre de la famille n’a envie de rentrer en France. Surtout pas mes filles, qui ne disent ne plus vouloir mettre les pieds dans une école française. Ce sera alors sans doute un autre pays d’expatriation, inch’allah !

  • EU : Depuis quand es-tu inscrite sur Expat United ? que cela t’a t’il apporté ?

Je ne sais plus trop depuis combien de temps je suis inscrite… Expat United représente pour moi le fil qui nous lie tous, les français. Où que nous soyons, ce sont les racines qui parlent en nous et nous font toujours retourner vers les nôtres pour un conseil, un partage d’idées. Merci à l’instigatrice de ce projet !

  • EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ?

Il y a beaucoup de choses à faire ici. Oman est un pays en pleine expansion et beaucoup de choses sont à construire et à mettre en place. Nous avons trouvé une qualité de vie incomparable.

Par contre, il est difficile d’entrer dans le pays et d’y chercher du travail. Tout se fait par réseau et connaissances. Le mieux est de trouver l’emploi depuis la France, d’obtenir alors le visa de travail et de s’installer. Je crois que les anglophones gardent jalousement leur paradis 😉

Alors, ca donne envie n’est-ce pas ? 🙂

Merci Margot de nous avoir fait connaître avec tant d’enthousiasme ton expatriation !
Bonne continuation à toi et à ta petite famille !

Pour retrouver Margot sur Expat United, c’est par ici !
Et pour retrouver toute notre série d’interviews d’expats, c’est par ici !

N’hésitez pas à laisser vos impressions et commentaires ci-dessous, ca fait toujours plaisir 🙂

L’Inde … suivez le guide …ou plutôt la plume !

Aujourd’hui, pour ce nouvel interview, nous allons vous faire partager l’une de nos découvertes dans le monde passionnant des blogs …
Car entrer dans le monde merveilleux de « Chouyo« …. c’est un peu comme atteindre le Graal pour celui qui a envie de découvrir (ou redécouvrir) l’Inde.
Une plume délicate, élégante, passionnée, pleine de justesses, d’émotions, sans tabous… qui vous emporte dans les entrailles de « son » Inde… ses joies, ses merveilles, mais sans oublier ses tristesses et ses injustices… le tout agrémenté de magnifiques photos !

Pour vous donner envie de lire son blog, rien de tel que de découvrir tout d’abord l’expatriée qui se cache derrière cette jolie plume… 🙂

  • Expat United : Depuis combien de temps es-tu expatriée en Inde ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

J’habite Bombay depuis trois ans (presque au jour près !), dans le sud de la ville, c’est-à-dire dans les quartiers les plus anciens, les plus chers aussi même si une véritable mixité sociale est la première donnée de tous les quartiers, aucun ghetto de luxe à Bombay : le bidonville sous les fenêtres de l’hôtel 5*, c’est « normal ». Bombay est la capitale du Maharashtra, ce qui a deux implications : la langue officielle est le marathi et non le hindi, et la ville ayant toujours attiré beaucoup de migrants de toute l’Inde (ce qui en fait sa richesse fondamentale), on y parle plutôt un sabir de plusieurs langues indiennes, ce qui a un impact sur les possibilités de communiquer. La ville est dirigée par l’extrême-droite hindoue nationaliste et régionaliste, très active et prépondérante dans le Maharashtra, avec une politique d’exclusion des minorités non marathi (minorité musulmane notamment, ou des Indiens du Nord venus « voler » le travail des « vrais Marathis » etc.) avec action d’éclats, violence, émeutes et propagande à outrance marathi et hindoue. Dernière chose pour compléter le tableau, c’est une ville où il y a des attentats… La ville est en alerte permanente, et cela « pète » réellement. C’est une des réalités dont on « oublie » de parler aux expatriés et aux touristes qui viennent en Inde : il me semble que c’est le pays où il y a le plus de morts par attentats par an après l’Irak…

Pour ma part, je suis française et mon parcours universitaire est centré autour des humanités et de la littérature. Je suis professeur d’histoire-géographie, vocation que j’ai élargie en y ajoutant un diplôme d’enseignement du FLE et l’apprentissage de plusieurs langues dont le chinois. J’écris, mon blog et d’autres textes, et je suis devenue à Bombay guide patrimonial officieuse de la ville puisque je n’ai pas le droit de travailler en Inde (politique de préférence nationale pour de nombreux métiers, difficultés administratives de plus en plus lourdes pour l’embauche des étrangers etc.).

"Vous venez d'arriver sur LA plage de Bombay, celle où ont lieu les grandes processions de Ganesh, celle où commence Marine Drive, le fameux Collier de la Reine. Des familles de mendiants campent là toute l'année, entre les détritus, les égouts pestilentiels et les pigeons. En face, de l'autre côté de la baie ? Les deux hôtels de luxe, l'Oberoi et le Trident, où l'on peut acheter du pain "à la française", déjeuner d'un brunch "tellement pas cher" ou bien acheter des pashminas de la meilleure qualité. Deux rives qui disent bien ce qu'est l'Inde, un oxymore irréductible"

  • Expat United : Qu’est-ce qui t’as motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé ?

La décision est venue avant même la proposition, et surtout de moi : un ras-le-bol des conditions d’enseignement en France, et l’envie de donner une chance à une autre carrière éventuellement. Mon conjoint et moi avons commencé à chercher un emploi à l’étranger, en étant très ouverts sur les pays, avec une préférence pour l’Asie puisque j’ai appris le chinois et nous avions apprécié les nombreux voyages que nous y avions faits. Et c’est finalement mon conjoint qui a eu une double proposition : Londres ou Bombay. Le choix a été à la fois difficile et simple : les conditions de vie et d’emploi sont incomparables, mais il est rare d’obtenir une opportunité en Asie. Et sans enfant ni charges, autant choisir le plus difficile et le plus inaccessible, donc Bombay. Un choix plein de motivation et d’enthousiasme d’autant que nous avions visité la ville et le sud de l’Inde trois mois auparavant comme touristes et que nous avions beaucoup aimé.

L’avantage que nous avions était d’être expatriés par le biais d’une grande entreprise française, nous disposions donc d’un « package » (primes, aide au déménagement, aide au loyer, extrêmement élevé à Bombay etc.) et nous pensions être accueillis et aidés (ce qui n’a pas été du tout le cas).

  •  Expat United : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?

Je vais être assez brutale, mais forte de ces trois années en Inde et des nombreuses expériences que j’ai recueillies autour de moi de personnes vivant ici depuis des années, voire des dizaines d’années… on ne s’intègre pas en Inde. On côtoie beaucoup de gens, et le réseau relationnel se construit très rapidement. Pour autant… on ne se fond pas dans la population.

Plusieurs raisons à cela. Très rares sont les expatriés qui restent plus de 3 ans en Inde, et les difficultés administratives permanentes et les conditions de vie difficile font que l’on a à un moment donné une sorte de crispation qui fait que soi-même, on ne veut finalement pas s’intégrer, pour ne pas se perdre notamment.

Il faut ensuite considérer les possibilités réelles de communiquer : les langues locales étant complexes et leur apprentissage frustrant tant les gens rencontrés ne les parlent en fait pas, que vous finissez par baisser les bras. Le hindi sera très utile dans le nord de l’Inde, et peu dans le Sud, ne vous permettant que des conversations courantes, sur des sujets généraux.

Il y a aussi la couleur de peau, toujours très importante en Inde : être blanc, c’est être Occidental donc être étranger (et pour beaucoup, donc avoir beaucoup d’argent). Il y a en Inde et à Bombay notamment très peu d’expatriés comparé à la masse de la population : pour environ 18 millions d’habitants, 660 Français (à Hong Kong, 10 000 Français pour 7 millions d’habitants…). Dans la très grande majorité des cas, les gens que vous croiserez dans la journée ne comprendront pas quand vous leur direz « mais si, j’habite à Bombay, je ne suis pas juste de passage ». Ce n’est pas concevable. Même installé depuis 30 ans, vous resterez l’étranger.

Je parle là de 95% de la population. Restent les 5% de l’élite, que vous allez croiser dans les mondanités auxquelles se raccrochent toujours une bonne partie du monde expatrié : là, vous aurez l’occasion de lier de nombreuses conversations dans un anglais presque parfait ou un hindi parfait. Pour autant, les choses fonctionnant sur le mode de l’échange en Inde, beaucoup d’expatriés ont le sentiment d’être « l’ami français de », une sorte de faire-valoir.

Dernière chose, le fonctionnement endogamique de l’Inde, le système des castes et le repli très important sur l’indianité. Même marié à un ou une Indien(ne), on reste l’étranger au regard de la famille, du voisinage, et au regard de la ville et du pays entier pour les raisons évoquées ci-dessus. En disant ça, je ne prétends pas que l’intégration soit plus facile ailleurs, plus facile en France, mais c’est un sentiment plutôt partagés à Bombay parmi beaucoup d’expatriés que malgré leurs efforts ils ne se sont toujours senti que « de passage ».

  • Expat United : Est-ce ta première expatriation ?

J’avais eu auparavant quelques expériences de vie à l’étranger mais toujours pour des durées de quelques mois seulement (Grande-Bretagne, Allemagne, Taïwan) et j’ai beaucoup voyagé pour des durées plus ou moins longues. Mais l’Inde est ma première véritable expatriation c’est-à-dire avec déménagement intégral, changements d’adresse et de compte, résiliation des numéros de téléphone etc. Le vrai saut dans le vide…

  •  EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

La diversité culturelle, d’un point de vue humain, religieux, ethnique, linguistique…

La plongée dans des structures conceptuelles médiévales, ce qui pour la médiéviste que je suis est passionnant et rare.

La multiplicité des voyages et excursions très différents que l’on peut y faire.

"Vivre en Inde, c'est l'occasion d'une plongée spectaculaire, colorée et bruyante, dans des univers religieux qui sont insoupçonnés ailleurs parce qu'à grande échelle et dans leur expression la plus exubérante. Hindouisme, sikhisme, jaïnisme, parsisme, en plus de l'Islam et du christianisme, et de quelques pratiques bouddhiques et animistes. Des fêtes, il y en a presque tous les jours en Inde. Diwali, la fête des lumières, a paré Bombay cette nuit-là de mille éclats et de mille pétards pendant quelques heures"

  • EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?

La complaisance des élites qui maintiennent volontairement dans la crasse et la misère 70% de la population.

La non-prise en compte de l’espace d’autrui : brusqueries, coups, attouchements, regards insistants, bruit, saleté des espaces communs etc.

L’image que continue à avoir une majorité de gens hors d’Inde d’un pays « aux mille couleurs », sympathique, tellement « vrai », tellement « humain », tellement proche des « vraies valeurs »…

  • EU : A quelles difficultés es-tu le plus confrontée ?

Les difficultés sont concrètes en Inde. Pouvoir trouver de l’eau potable parce que tout à coup les stocks sont vides, devoir supporter quatre mois de mousson et d’inondations et avoir des coupures d’eau trois mois plus tard. Devoir supporter tout à coup des travaux faits n’importe comment dans des conditions de sécurité effroyables qui créeront plus de problèmes qu’ils n’en résoudront. L’incurie en matière d’hygiène, par exemple 50% des Bombayites font leurs besoins devant vous sur les lignes des trains de banlieues, ou bien les crachats partout dans un pays où la tuberculose est endémique… Ou bien l’incurie en matière sanitaire et médicale ? Pendant trois ans la Mairie de Bombay a « oublié » de démoustiquer les zones à risques, ce dont a résulté un pic de malaria et de dengue… comme c’est étonnant… et faites un tour dans les « meilleurs » hôpitaux du pays, rencontrez les « meilleurs » médecins, vous ricanerez rapidement… malheureusement.

Et surtout l’impossibilité de compter sur une chose qui paraît très simple alors que la chose la plus complexe vous l’obtiendrez en un clin d’œil. Un exemple ? Trouver un chauffeur de taxi qui connaisse les noms des rues de Bombay ? Non. En revanche trouver une couturière qui vous fera sur photo le smoking Yves Saint-Laurent sur-mesure ? Sans aucun problème…

Quant aux difficultés administratives, vous voyez « Brazil » ? Et bien c’est à peu près ça… mais avec 35° sans climatisation.

Alors non, ce n’est bien entendu pas l’enfer : c’est simplement qu’il faut être soi-même très serein, très « laissons couler, n’essayons pas de faire changer les choses et les gens » pour que toutes ces difficultés fassent rire. Parfois on y arrive, parfois non.

  • EU : Un fait marquant à nous raconter ?

Une chose qui m’a étonnée, et fait rire parce que je n’ai pas du y faire face personnellement, tous les expatriés que je connais et qui travaillent dans de grandes entreprises françaises ont, à un moment ou à un autre, été amenés à signer des contrats avec des entreprises indiennes. Dates choisies (et validées par l’astrologue), signature et… dès le lendemain, les négociations reprennent de plus belle. Sur le prix, les clauses, les quantités, sur tout. L’Inde, c’est ce pays qui renverse tout.

  •  EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?

La cuisine occidentale à Bombay est de très mauvaise qualité, ou bien quand elle est correcte on la paie au prix TRES fort. Mais, partant comme expatriée, je me suis dit que je ne pouvais pas exiger d’avoir ma baguette ou mon reblochon, que c’était stupide et ridicule. De ce fait, je me suis installée en me disant que je profiterai au maximum des cuisines indiennes et que la cuisine occidentale ne me manquerait pas, que je mangerai fromages, plats occidentaux et autre chocolat noir en voyageant ailleurs ou en France. Et c’est le cas depuis trois ans. Il y a quelques petits cafés et restaurants qui servent une cuisine méditerranéenne très correcte, toujours un peu teintée de saveurs indiennes, cela permet de changer un peu.

Mais étant une inconditionnelle de viande, et notamment de viande de bœuf (dans un pays très végétarien ayant conféré un statut sacré à la vache !), j’adore la gastronomie des anciens Etats musulmans, Lucknow ou Hyderabad par exemple, qui font une très large place aux kebabs (brochettes de viande) et aux assaisonnements très fins. La cuisine bengalie est également délicate, à base de poisson et de moutarde, ou encore la cuisine kéralaise, qui se rapproche un peu de la cuisine thaïlandaise. Côté végétarien, il y a une spécialité de Bombay qui me manquera sans aucune doute le jour où je partirai, le sev puri (une petite galette ronde craquante, surmontée d’une cuillérée de pommes de terre écrasées, d’oignons frais coupés, de coriandre et de quelques vermicelles de pommes de terre frits). Et bien évidemment… les naan, ce pain plat un peu gonflé cuit dans un four en terre, que l’on adore en France et que l’on adore toujours autant en vivant en Inde !

  • Expat United : Plutot des amis français, indiens, expatriés internationaux ? les indiens sont sympas / accueillants?

Les trois en fait. La différence de niveaux de vie et de centres d’intérêt fait que l’on se rapproche plus et plus facilement de ceux qui nous sont le plus proches culturellement, donc des amis internationaux et français. Avec qui on parlera de l’Inde, bien souvent, et beaucoup plus rarement du reste du monde. Une sorte de catharsis nécessaire.

Les amis indiens, on s’en fait rapidement mais… En tant que femme je fais attention (comme cela n’a jamais été le cas ailleurs) aux hommes amicaux. Il y a toujours malheureusement une barrière à poser quand un jeune étudiant sympathique vous aborde ou un père de famille. C’est une triste réalité de l’Inde, qui fait aussi qu’en tant qu’expatriée on est prudente dans les liens que l’on tisse. Au-delà de cet aspect, il est intéressant de constater que pour les raisons évoquées plus haut (langue, niveaux de vie etc.), on finit bien souvent par nouer des liens amicaux avec des personnes issues de l’élite seulement ou de la classe moyenne aisée. La classe moyenne moins aisée habite souvent très loin en banlieue, ce qui complique les moments pour se rencontrer, et elle se centre très clairement autour de la vie familiale et religieuse. De ce fait, à part avec de rares collègues, on ne peut tisser des liens sur le long terme, d’autant que du fait des conditions de vie à Bombay, les expatriés voyagent beaucoup. L’envie de « couper » avec l’Inde, de sortir de Bombay, mais cela rompt aussi la routine amicale qui pourrait se mettre en place et consolider les relations sur le long terme.

Alors bien évidemment et heureusement, on deviendra amis avec quelques Indiens. Mais étrangement, ce sera le plus souvent avec des Indiens ayant vécu longtemps à l’étranger ou des étrangers d’origine indienne.

Sympas, accueillants, oui les Indiens le sont. Intéressés aussi, je le dis sans jugement moral. C’est souvent très clair, et même dans l’élite, tout lien est contracté dans un but, non nécessairement calculateur, mais « peut-être qu’un jour cela pourra être utile ».

  • EU : 3 choses qui te manquent le plus de France ?

Pouvoir marcher dans les rues. Avec un trottoir, tout simplement, et une organisation urbaine qui fasse que cela soit un plaisir.

Le calme. Je viens des Alpes et j’ai vécu 10 ans à Paris, ville qui m’a toujours paru un peu bruyante parfois, mais quand j’y vais aujourd’hui je me rends compte à quelle point elle est vide et silencieuse.

Des produits de qualité, qu’il s’agisse de produits alimentaires ou matériels, savoir qu’en achetant quelque chose je n’aurais pas à vérifier si le paquet de pain de mie a été grignoté par un rat, si les tomates dans le sac sont mûres, si la batterie du téléphone marche…

  • EU : 3 choses qui te manquent le moins de France ?

Les manteaux noirs du métro parisien. Mais ça c’était avant l’Inde, j’ai toujours aimé la couleur…

La SNCF. Les trains indiens, quoique très lents et sales, vont absolument partout tout le temps et pour des coûts très bas, et les nombreuses lignes de bus d’Etat ou privées qui permettent de sillonner le pays.

TF1…

  • Expat United : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? de faire un autre pays d’expatriation ?

La réflexion est en cours, mais toujours conditionnée par le statut ambivalent de l’expatrié qui ne peut partir quand il veut mais que l’on peut faire partir quand on veut sans considération de ses propres projets et de son rythme.

Je n’ai pour ma part aucune envie de rentrer en France, mais je souhaiterais que la prochaine destination me permette de travailler.

  • EU : Depuis quand es-tu inscrite sur Expat United ? que cela t’a t’il apporté ?

En réalité, je n’ai pas encore eu l’occasion de parcourir le site ce qui est un manque que je vais combler prochainement ! Mais je crois que quelques personnes ont commencé à lire mon blog à travers le site, personnes avec qui je dialogue désormais régulièrement.

  • EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ?

Vous souhaitez vous expatrier en Inde ? Venez-y avant. L’Inde est une chose intransmissible, et depuis le temps que j’écris dessus je m’en rends de plus en plus compte. C’est passionnant et difficile, mais les gens qui ne connaissent pas l’Inde répondent toujours « oui, oui difficile, mais c’est super quand même ! ». Non. Venez voir par vous-mêmes. Il y a beaucoup de gens, touristes ou expatriés, qui éprouvent un choc réel, presque physique, en arrivant Inde et qui ne supportent pas le pays. Qui doivent repartir immédiatement, et je n’invente pas, je vous assure.

Alors, avant de tenter l’aventure et de prendre le risque qu’elle se passe mal, venez en Inde, apprivoisez le pays, familiarisez-vous avec le chaos urbain où vous ne pourrez à aucun moment reposer vos yeux, vos oreilles, où vous serez constamment sollicités par des gens, des sons, des détritus, des scènes que vous auriez préféré ne jamais voir.

Et là, si vous supportez ça, vous pourrez réellement profiter de ce pays en y vivant, en essayant d’établir un équilibre, toujours fragile, entre ce que vous donne l’Inde et ce qu’elle vous retire (la patience, la sérénité, certaines valeurs…).

Merci Chouyo !  …. Bonne continuation à toi, à tes projets, à ta plume ! … et …. dernière question que l’on aurait du inclure dans cette interview … à quand un livre pour t’exprimer pleinement ? 🙂

Pour retrouver Chouyo sur Expat United, c’est par ici !
Et si tout cela ne vous a pas donné envie de lire son blog, alors ne cliquez surtout pas ICI ! 🙂

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